Le 23 mars 2026, le Foyer Saint-Paul a organisé son traditionnel « lundi de foyer » en collaboration avec la pastorale étudiante et d’anciens étudiants. L’événement, qui s’est tenu au Socrate 10, portait sur un sujet aussi fascinant que controversé : « Le Saint-Suaire de Turin : fake news ou relique ? ».
Pour l’occasion, deux intervenants ont été invités à croiser leurs regards : Philippe Boxho, médecin légiste, et Philippe Dalleur, philosophe et théologien. Le premier adopte une approche scientifique, tandis que le second s’inscrit dans une lecture de foi.
L’auditoire, largement rempli, a témoigné de l’intérêt suscité par la conférence.
Après une introduction par la pastorale étudiante, le modérateur Thomas Rémy, a présenté le Saint-Suaire de Turin comme une énigme vieille de près de deux millénaires. Certains y voient le linceul de Jésus de Nazareth (témoignant ainsi de sa Passion, de sa mort et de sa Résurrection), tandis que d’autres remettent en question son authenticité.
Philippe Dalleur a proposé une analyse du Suaire à la lumière de la foi. Il a notamment souligné son caractère unique (S’il s’agit d’un phénomène naturel, pourquoi n’est-il apparu qu’une seule fois ?) et les difficultés rencontrées pour en reproduire les caractéristiques. Il a également rappelé que, malgré les doutes exprimés au cours de l’histoire par certains membres de l’Église, le Suaire a été largement représenté dans l’art.
Philippe Boxho a, quant à lui, examiné le tissu sous un angle médico-légal. Selon lui, les traces visibles permettent de dresser le profil d’un homme d’environ 35 ans mesurant entre 178 et 181 cm, pesant entre 77 et 79 kg, et de groupe sanguin AB. Les marques relevées — notamment des traces de flagellation, des blessures aux poignets et des indices compatibles avec une crucifixion — correspondent à une mort par asphyxie posturale. On observe la marque de 120 coups de fouet sur son dos. Il a été flagellé par deux personnes dont l’un était plus grande que l’autre
Des éléments matériels ont également été évoqués. Des traces de poussière calcaire, similaires à celles du sol de Jérusalem, ont été relevées dans les fibres de lin au niveau des pieds du Saint-Suaire. Ainsi, la personne qui y a été ensevelie, a marché à Jérusalem. De même, on retrouve aussi du pollen de 38 fleurs différentes dont des chardons au niveau de la tête (évoquant la couronne d’épines), qui ne se pollinisent qu’à la période de la fête de Pâques.
La question de la datation au carbone 14 reste débattue. Si certaines analyses situent le Suaire autour du Moyen Âge (environ autour de l’an 700), des divergences entre laboratoires alimentent encore les discussions sur sa datation réelle.
La conférence s’est conclue par une session de questions-réponses interactive via Whooclap. Les échanges ont notamment porté sur l’interprétation des données scientifiques et leur articulation avec la foi. Philippe Boxho a confirmé que la personne enveloppée dans le linceul n’y est pas restée. Au regard de la foi, cela peut dès lors être interprété comme un signe de la Résurrection.
La soirée s’est prolongé dans un cadre plus informel au Foyer Saint-Paul, l’équipe organisatrice, a pu partager un moment privilégié avec les deux intervenants, autour d’un verre, dans une ambiance conviviale.
Anne-Lise
